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Article n°. 280401St
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Article n°. 280401
Collection Unisexe
Genre (musique) Black Metal
Exclusivité EMP Non
Média - Format CD
Thématiques Groupes
Artiste Triptykon
Catégorie de produit CD
Date de sortie 11/04/14
« Melana Chasmata », le deuxième album de Triptykon est là. Le LP a été produit par Tom Gabriel Warrior et le guitariste V. Santura. « Dépression noire et profonde » est la traduction du titre de l'album qui ravira les fans de sonorités lourdes et sombres.

Pochette signée H.R. Giger.
CD 1
1. Tree Of Suffocating Souls 2. Boleskine House 3. Altar Of Deceit 4. Breathing 5. Aurorae 6. Demon Pact 7. In The Sleep Of Death 8. Black Snow 9. Waiting
Philippe Courtois

par Philippe Courtois (Avril 2014) Je veux créer une musique sombre et honnête qui reflète mes émotions et que j’aime.

Bonjour Tom et merci de nous accorder cette interview. Ton nouvel album, « Melana Chasmata », sort quatre ans après « Eparistera Daimones ». Cela veut-il dire que les chansons ont mis quatre ans à être écrites ?
Non, il y a eu plusieurs problèmes personnels qu’ont endurés plusieurs membres de Triptykon (dont moi). Ca peut sonner superficiel, mais certaines choses nous sont arrivées, ce qui a fait que le groupe a dû être mis de côté pendant un peu plus d’un an.


Du coup, durant quelle période cet album a-t-il été écrit ?
La plus vieille chanson du disque a été commencée en 2002 et la plus récente a été écrite l’automne dernier, un mois avant qu’on n’entre en studio. Il y a une grande variété de chansons dans ce disque, comme d’habitude avec mes albums. Quelques chansons se finissent très vite et d’autres prennent une éternité. Au fond, ce n’est pas très important, c’est la chanson qui compte. La manière dont on y arrive n’est pas très importante.


C’est vrai que l’album est assez varié en termes d’émotions. Comment avez-vous fait pour que tout cela colle ensemble ?
Ce n’est pas très difficile, parce que ma vie est aussi composée d’émotions différentes. C’est simplement l’intuition qui fait qu’on les met ensemble. Si tu vois la musique à travers un album, ce qui n’est plus très à la mode de nos jours, il faut voir l’ensemble comme une peinture ou comme un film. Il faut un déroulement naturel qui a un sens. D’une certaine manière, cela te raconte une histoire à travers ces émotions. Il n’y a que l’intuition qui peut les rassembler. Tu dois connaître les chansons par cœur, et voir sous quel contexte elles peuvent fonctionner ensemble. Parfois, c’est un processus très difficile.


Était-ce difficile pour Melana Chasmata ?
Oui très. C’est l’album le plus difficile que j’ai jamais créé. Dans tous les aspects. Tout ce qui a rapport avec ce disque est difficile. J’avais l’impression que cet album était une créature vivante qui luttait contre moi. Que ce soit dans l’écriture des chansons, dans l’enregistrement en studio… même les photos promo. Tout était très difficile et a posé problème. Je suis soulagé que tout ceci soit maintenant derrière moi. J’ai hâte de me mettre au prochain album et de le commencer avec une feuille vierge.


Qu’est-ce que cela fait d’avoir vaincu cette créature ?
Si j’avais pu, j’aurais abandonné cet album, mais il aurait continué de me hanter l’esprit, sans jamais être fini. J’ai donc pensé que ce serait mieux de finir l’album et de pouvoir me mettre au suivant sans aucun poids sur la conscience. J’ai détruit tous les brouillons de musique et de paroles que j’avais commencés pour « Melana Chasmata », parce que je ne voulais pas commencer le prochain avec des fragments de ce disque. Comme j’ai absolument tout effacé, tous les compteurs sont à zéro pour commencer le prochain album. C’est ma manière d’exorciser le démon. [rires]


Penses-tu qu’il s’agit d’un défi que tu t’es lancé pour le prochain album ?
Je vois plus cela comme un soulagement plutôt qu’un défi. « Melana Chasmata » a pris quatre ans, c’est assez. J’ai déjà commencé à travailler sur le prochain, j’espère pouvoir commencer à travailler avec le groupe lors de l’été 2015 et j’ai hâte d’y être. Sur « Melana Chasmata », on remarque que le line-up est inchangé depuis « Eparistera Daimones ». Est-ce que vous vous êtes tous mis à la tâche pour ce disque ? Oui. Je suis très fier qu’on ait réussi à garder le même line-up. C’est quelque chose que Celtic Frost n’a jamais réussi à faire et c’est très important pour moi de pouvoir réussir ça avec Triptykon. J’espère que je vais pouvoir garder ce line-up pour les nombreux autres albums à venir. Je vais faire en sorte que cela se passe ainsi. En tout cas, cela en dit long sur les problèmes qu’on a rencontrés avec Celtic Frost. Même si la plupart des chansons sont de moi, elles prennent leur forme finale grâce au groupe. Triptykon n’est pas du tout un projet solo, mais un groupe à part entière. C’est la forme que j’ai voulu lui donner.


On remarque que V. Santura (guitare) et Vanja Slajh (basse) chantent plus que sur « Eparistera Daimones ». Était-ce une volonté de ta part ?
Pour V. Santura, oui, c’est fait exprès. Dans Celtic Frost, Martin Eric Ain assurait beaucoup le chant avec moi, c’est quelque chose que j’ai voulu conserver dans Triptykon. Je sais que V. Santura est un bon chanteur, on avait déjà essayé les duos sur notre premier album et, comme on en était très content, on s’est dit, juste après l’avoir fini, qu’il fallait qu’on en fasse plus, ce qu’on a fait sur ce nouveau disque. En revanche, avec Vanja, ça c’est fait de manière plus spontanée. Elle a écouté les chœurs pour la chanson « Waiting » et a demandé à essayer. J’étais très content qu’elle demande de chanter, c’est quelque chose que j’attendais, mais que je n’ai jamais voulu forcer, il fallait que ça vienne d’elle. Elle a timidement commencé et j’espère que ça va porter ses fruits à l’avenir, mais, encore une fois, je ne la forcerai pas, c’est à elle de prendre l’initiative. Au moins les portes sont ouvertes.


Avant la sortie d’ « Eparistera Daimones », tu avais dit que tu irais encore plus loin dans l’expérimentation que « Monotheist » (Celtic Frost). As-tu aussi tenté d’explorer de nouveaux paysages musicaux avec « Melana Chasmata » ?
Non. J’en ai fini avec l’expérimentation. Tous les albums de Celtic Frost étaient à chaque fois radicalement différents. J’en suis content, c’est comme ça que je voulais procéder. Mais tout ceci est derrière moi. J’en ai fini de me prouver tout ça, j’en ai fini avec cette histoire de testostérone et ces défis que tu te lances quand tu es un jeune musicien. Je vais avoir 51 ans cette année, j’arrive à une étape dans ma vie où je veux simplement créer de la musique qui me plait. Le reste ne m’intéresse pas, je laisse la place aux autres pour ça. Je veux créer une musique sombre et honnête qui reflète mes émotions et que j’aime. C’est ce qu’on fait. Je suis très content de la direction que prend Triptykon et je ne vois aucune raison de changer cela.


Un autre élément qui n’a pas changé depuis l’album précédent est votre collaboration avec HR Giger pour la pochette. Il a dit être très content de votre collaboration. Que peux-tu dire dessus ?
Je pense qu’il a été déçu de certaines autres collaborations qu’il a faites par le passé avec d’autres musiciens. Certains l’ont trahi ou n’ont pas respecté les accords qu’ils avaient passés. Cela fait 30 ans que je le connais et j’ai toujours fait en sorte de le respecter et de faire ce qu’il m’a demandé de faire. De ce fait, nous sommes devenus des amis très proches, je n’abuserai jamais de sa conscience. De plus, je ne voulais pas être trop gourmand et lui demander à nouveau de travailler avec moi. C’était un honneur pour moi qu’il travaille sur le premier album de Triptykon et cela me suffisait. Il se trouve qu’on avait déjà commencé à discuter avec un autre artiste pour ce nouvel album, mais Giger m’a contacté sans que je m’y attende et m’a proposé qu’on travaille ensemble à nouveau. Cela n’était pas une décision facile pour nous, car nous ne voulons pas nous répéter. Mais c’est un génie et j’estime que c’est le meilleur peintre vivant sur cette Terre. Donc pouvoir collaborer ensemble est une aubaine, sachant qu’on en avait parlé pendant deux ans avant que cela se fasse. Mais ce n’est pas quelque chose qu’on ne changera jamais. On fera deux ou trois albums ensemble, puis on changera.


Triptykon a été initié par toi après avoir passé de nombreuses années dans l’industrie musicale. Qu’est-ce que ça fait de se dire « je vais créer un nouveau groupe » ?
C’était intimidant et fantastique à la fois. Je savais que ce nouveau groupe devait porter l’héritage de Hellhammer et Celtic Frost, ce qui n’est pas chose aisée. Mais d’un autre côté, c’est une bonne chose de se débarrasser de tous ces problèmes qui ont anéanti Celtic Frost, toutes ces histoires d’égo. Commencer avec une feuille vierge et former un nouveau groupe que j’estimais idéal et qui était aussi basé sur des idées que j’avais dans Celtic Frost m’a vraiment soulagé. Mais l’album allait forcément être comparé à « Monotheist » ou « Morbid Tales », ce qui m’a intimidé. Je pense que je suis celui qui nous a le plus mis la pression. C’était une lourde responsabilité et je n’ai pas pris la chose à la légère.


Et du coup, que penses-tu cette décision maintenant ?
C’était ce qu’il fallait faire. Je n’ai jamais regretté mon départ de Celtic Frost, sachant que c’est quelque chose, car j’ai abandonné beaucoup de choses en faisant cela. Mais Triptykon est un cercle d’amis, alors que Celtic Frost était un cercle d’ennemis à la fin. Avec Triptykon, c’est toujours un plaisir d’enregistrer un album, alors qu’avec Celtic Frost, c’était un fardeau. « Melana Chasmata » est un album difficile, mais nous sommes des amis et nous sommes là les uns pour les autres dans des moments difficiles.


Du coup, vous avez trouvé l’équilibre entre la créativité et l’aventure personnelle ?
Absolument. Beaucoup de gens pensent qu’il faut des conflits au sein d’un groupe pour être créatif, mais je ne pense pas. Je préfère faire partie de quelque chose qu’on peut assimiler à une famille plutôt qu’à un concours d’égos. J’ai remarqué que la présence d’une femme dans le groupe changeait l’attitude des membres, comparé à un groupe uniquement formé d’hommes, où chacun essaie d’être plus macho que les autres. C’est une manière de procéder complètement différente. C’est différent quand tu es en tournée, c’est différent quand tu es en studio et c’est différent quand tu écris de la musique et je pense que ça apporte beaucoup à Triptykon.


Tu t’es récemment opposé publiquement à l’édition limitée de l’album « Melana Chasmata » que le label Century Media avait annoncé [Une nouvelle édition approuvée par le groupe a été remplacée depuis]. Que penses-tu de la relation entre le marketing et la musique ?
C’est une partie que je déteste. Je suis devenu musicien pour faire de la musique, pas pour être un expert en marketing. C’est toujours vrai après 32 ans dans ce monde. Mais je veux quand même faire les choses à la manière que j’estime la plus adaptée. Si une maison de disques pense mieux s’y connaître que moi, tant mieux pour eux, mais je fais toujours entendre mon avis. Mon post sur le Facebook officiel du groupe a fait que Century Media a annulé cette édition et maintenant, ils font ça comme je veux que ce soit fait. Maintenant, j’ai la chance de pouvoir changer le cours de certaines choses, même si, parfois, il faut le faire publiquement. Dans les années ‘80, cela aurait été impossible d’exercer son influence sur cela. Je leur avais déjà dit en décembre comment je voulais que cela se fasse, ils pensaient mieux s’y connaître que moi, je l’ai dit en public et, comme par magie, les choses changent ! [rires] Je me fiche des ventes que cela peut nous coûter, je préfère être honnête que vendeur. Une fois qu’ils ont compris ça, la box est maintenant faite de la manière que je veux. Du coup, maintenant, je suis un magicien en plus d’être un musicien ! [rires]


Certains te considèrent comme l’un des pères de la musique extrême. Que peux-tu dire dessus ?
Je ne pense pas en être un. Je ne suis sujet à un ego-trip. C’est la raison pour laquelle j’ai quitté Celtic Frost. Parce que certains membres pensaient qu’ils étaient la meilleure chose qui soit arrivée à cette Terre. Je déteste ça. Si certains ne le croient pas, tant pis, mais j’ai commencé à faire de la musique parce que j’aime la musique et c’est toujours le cas aujourd’hui. Je n’y peux rien si je suis né en 1963. C’est une coïncidence si j’ai formé le groupe en 1981. Avant cela, j’ai surtout été influencé par Black Sabbath, Venom et Angel Witch. C’est à eux que devrait revenir le mérite, car c’est chez eux qu’on retrouve les racines de la musique extrême moderne. J’ai n’ai pas l’autorité pour juger cette frange de la musique. Je ne suis pas comme l’Eglise, qui est du genre à faire ça, ou tout autre mouvement fondamentaliste, ce sont des institutions que je critique. Je suis heureux de pouvoir encore être un musicien, de sortir des albums et de faire des tournées alors que je vais avoir 51 ans.


Quelle est la chose la plus importante que tu as apprise au cours de ta carrière ?
Que l’espèce humaine est merdique. Je hais l’espèce humaine, sans m’exclure moi-même. Je sais que j’ai commis de nombreuses erreurs dans ma vie. Je hais ce que les humains font sur cette planète, que ce soit entre eux, aux animaux et à l’environnement. Je ne suis pas fier d’être un être humain. C’est ce que j’ai appris. Beaucoup de gens peuvent voir ceci comme une réponse négative, mais je la vois comme réaliste. Je refuse de faire l’autruche. Je pense qu’on aurait pu faire de grandes choses sur cette planète, ensemble, avec les autres créatures qui la peuplent. Mais nous avons choisi de tout ramener à notre égo et à notre avidité. Malheureusement, j’en fais partie. Je n’ai pas demandé à être né. Mais maintenant, je dois faire avec. Voici ce qui explique les ténèbres qui habitent ma musique. Ce ne sont pas mes albums qui vont changer le fait que nous soyons gouvernés par des multi-nationales aux intérêts bien spécifiques et des politiciens corrompus, mais ma musique est le reflet de ma frustration, de ma colère et de ma tristesse à propos de cette situation. Si une ou deux personnes se mettent à réfléchir grâce à ça, alors j’ai accompli quelque chose.


Je te laisse conclure. Je tiens à remercier les fans, sans qui je ne serai pas là aujourd’hui. C’est eux qui m’ont permis de continuer ma carrière de musicien et de réaliser mon rêve d’adolescent. Pour cela, je leur en suis profondément reconnaissant.


Interview : Mathieu DAVID Rédacteur à La Grosse Radio www.lagrosseradio.com